{"id":32,"date":"2017-01-04T17:48:10","date_gmt":"2017-01-04T16:48:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/?page_id=32"},"modified":"2024-06-04T20:24:22","modified_gmt":"2024-06-04T18:24:22","slug":"chapitre-8-l-indochine-en-mars-1947","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/chapitre-8-l-indochine-en-mars-1947\/","title":{"rendered":"Chapitre 8 :  L&rsquo;Indochine en 1947"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\">\u00c9mile Bollaert est nomm\u00e9 Haut-Commissaire de France (gouverneur g\u00e9n\u00e9ral) en Indochine le <strong>5 mars 1947<\/strong>.<br \/>Pour comprendre son action, il est n\u00e9cessaire de rappeler les \u00e9v\u00e8nements qui se sont produits en Indochine de septembre 1939 \u00e0 mars 1947.<\/p>\n<p><strong>En 1939<\/strong>, l&rsquo;Indochine, ou Union Indochinoise, \u00e9tait une f\u00e9d\u00e9ration de cinq \u00e9tats\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>le royaume du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Protectorat_fran%C3%A7ais_du_Cambodge\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cambodge<\/a>, protectorat fran\u00e7ais. <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Norodom_Sihanouk\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Norodom Sihanouk<\/a> en deviendra roi en avril 1941,<\/li>\n<li>le royaume du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Protectorat_fran%C3%A7ais_du_Laos\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Laos<\/a>, protectorat fran\u00e7ais,<\/li>\n<li>l&rsquo;\u00e9tat du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Protectorat_fran%C3%A7ais_du_Tonkin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Tonkin<\/a>, protectorat fran\u00e7ais,<\/li>\n<li>l&#8217;empire d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Protectorat_fran%C3%A7ais_d'Annam\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Annam<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/B%E1%BA%A3o_%C4%90%E1%BA%A1i\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bao Da\u00ef<\/a> en est l&#8217;empereur depuis 1926, protectorat fran\u00e7ais,<\/li>\n<li>la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cochinchine_fran%C3%A7aise\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cochinchine<\/a>, colonie fran\u00e7aise.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-1301\" src=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Indochine_francaise_3.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"888\" srcset=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Indochine_francaise_3.jpg 657w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Indochine_francaise_3-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/p>\n<p>Les populations du Tonkin, d&rsquo;Annam et de Cochinchine, (ces trois \u00e9tats sont souvent appel\u00e9s les trois Ky) sont en quasi-totalit\u00e9 annamites, la plus grande exception \u00e9tant situ\u00e9e sur les plateaux du sud de l&rsquo;Annam.<\/p>\n<p><strong>En septembre 1939<\/strong>, l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise en Indochine compte :<\/p>\n<ul>\n<li>32.000 soldats,<\/li>\n<li>17.000 membres des forces auxiliaires,<\/li>\n<li>17 avions Morane sous-\u00e9quip\u00e9s,<\/li>\n<li>une marine fluviale, avec des canonni\u00e8res et un p\u00e9trolier,<\/li>\n<li>la Division navale d&rsquo;Extr\u00eame-Orient, avec un sous-marin, 2 croiseurs (dont le <em>Lamotte-Picquet<\/em>) et 5 avisos.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>En 1940<\/strong> :<br \/>Le g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;arm\u00e9e Georges Catroux, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Indochine, est remplac\u00e9 le <strong>25 juin 1940<\/strong> par le vice-amiral d&rsquo;escadre Jean Decoux. La passation de pouvoirs a lieu le 20 juillet 1940.<br \/>Le Japon, en guerre avec la Chine depuis juillet 1937, d\u00e9clare r\u00e9duire les effectifs de ses troupes d&rsquo;occupation en Chine m\u00e9ridionale. Il demande \u00e0 la France l&rsquo;autorisation de traverser le Tonkin pour que les garnisons japonaises autour de Canton puissent embarquer \u00e0 Ha\u00efphong. A cet effet, le g\u00e9n\u00e9ral Nishihara signe, le <strong>22 septembre 1940<\/strong>, un accord avec le g\u00e9n\u00e9ral de corps d&rsquo;arm\u00e9e Maurice Martin, commandant sup\u00e9rieur des troupes en Indochine. Cet accord est confirm\u00e9 le 30 octobre 1940 \u00e0 Tokyo.<br \/>Le <strong>25 septembre 1940<\/strong>, 25.000 soldats japonais attaquent les garnisons de Langson et de Doson, et soumettent les troupes fran\u00e7aises en Indochine comptant 12.000 hommes. Le loyalisme des troupes indig\u00e8nes se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s fragile.<\/p>\n<p>D\u00e8s septembre 1940, profitant des difficult\u00e9s fran\u00e7aises, la Tha\u00eflande revendique des territoires laotiens sur la rive droite du M\u00e9kong, avec la complicit\u00e9 du Japon qui lui fournit des armes. La riposte fran\u00e7aise de janvier 1941 \u00e9choue, mais la Marine sauve la face en coulant \u00e0 Kohchang plusieurs b\u00e2timents tha\u00eflandais. Un trait\u00e9 de paix est sign\u00e9 le 9 mai 1941.<\/p>\n<p>Le <strong>22 novembre 1940<\/strong>, le comit\u00e9 du parti communiste indochinois de Cochinchine donne un signal de soul\u00e8vement. 11 provinces sur 21 s&#8217;embrasent pendant quelques semaines. Puis, les forces fran\u00e7aises (terre, air, mer) \u00e9crasent les communistes.<\/p>\n<p>Le <strong>29 juillet 1941<\/strong> \u00e0 Vichy, l&rsquo;amiral Fran\u00e7ois Darlan, vice-pr\u00e9sident du Conseil des Ministres, signe avec M. Sotomatsu Kato, ambassadeur du Japon en France, un <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Accords_Darlan-Kato\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">accord<\/a> dont voici le texte :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>Protocole entre la France et l'Empire du Japon concernant la d\u00e9fense de l\u2019Indochine fran\u00e7aise :<br \/><br \/><\/em><em>Le gouvernement fran\u00e7ais et le gouvernement imp\u00e9rial du Japon, prenant en consid\u00e9ration la situation internationale actuelle, reconnaissant qu'en cons\u00e9quence, dans le cas o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 de l'Indochine fran\u00e7aise serait menac\u00e9e, le Japon serait fond\u00e9 \u00e0 estimer que la tranquillit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale en Asie orientale et sa propre s\u00e9curit\u00e9 se trouveraient en danger, renouvelant \u00e0 cette occasion l'engagement pris d'une part par le Japon de respecter les droits et int\u00e9r\u00eats de la France en Extr\u00eame-Orient, et notamment l'int\u00e9grit\u00e9 territoriale de l'Indochine fran\u00e7aise et les droits souverains de la France sur toutes les parties de l'Union indochinoise, et d'autre part par la France de ne contracter au sujet de l'Indochine aucun accord ou entente avec une tierce puissance pr\u00e9voyant une coop\u00e9ration politique, \u00e9conomique ou militaire, de nature \u00e0 l'opposer directement ou indirectement au Japon, sont convenus des dispositions suivantes :<\/em><br \/><em>I. Les deux gouvernements s'engagent \u00e0 coop\u00e9rer militairement pour la d\u00e9fense en commun de l'Indochine fran\u00e7aise.<\/em><br \/><em>II. Les dispositions ci-dessus ne resteront en vigueur qu'autant que les circonstances, ayant motiv\u00e9 leur adoption, subsisteront. En foi de quoi, les soussign\u00e9s, d\u00fbment autoris\u00e9s par leurs gouvernements respectifs, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent protocole qui entre en vigueur ce jour m\u00eame et y ont appos\u00e9 leur cachet<\/em><br \/><em>Fait en double exemplaire en langue fran\u00e7aise et japonaise \u00e0 Vichy le 29 juillet 1941 correspondant au 29\u00e8me jour du septi\u00e8me mois de la seizi\u00e8me ann\u00e9e de Syowa.<\/em><br \/><em>sign\u00e9 : Darlan et Sotomatsu Kato<\/em><br \/><br \/><em>ANNEXE<\/em><br \/><em>- Primo -<\/em><br \/><em>Le Gouvernement fran\u00e7ais accorde au Japon la facult\u00e9 de prendre les mesures suivantes :<\/em><br \/><em>a) envoi en Indochine m\u00e9ridionale du nombre de troupes, d'unit\u00e9s navales et de formations a\u00e9riennes japonaises jug\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/em><br \/><em>b) utilisation comme base a\u00e9rienne des 8 localit\u00e9s suivantes : Siemreap, Pnom Penh, Tourane, Nhatrang, Bien Hoa, Saigon, Soctrang, et Kompong Trach, comme bases navales de Saigon et de la baie de Camranh. Les am\u00e9nagements n\u00e9cessaires y seront apport\u00e9s par les forces japonaises.<\/em><br \/><em>c) Il sera accord\u00e9 \u00e0 ces forces la facult\u00e9 de se loger, de faire des man\u0153uvres et exercices, leur libert\u00e9 de mouvement sera reconnue. Il leur sera \u00e9galement accord\u00e9 des facilit\u00e9s particuli\u00e8res pour l'accomplissement de leur t\u00e2che. Ceci comprend la suppression des restrictions pr\u00e9vues par l'accord Nishihara\/ Martin.<\/em><br \/><em>- Secundo -<\/em><br \/><em>Le Gouvernement fran\u00e7ais fournira les devises n\u00e9cessaires \u00e0 ces forces japonaises selon les modalit\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir en commun. Pour l'ann\u00e9e en cours, le montant de ces devises s'\u00e9l\u00e8vera \u00e0 23 millions de piastres indochinoises, soit environ 4 millions 500 mille piastres indochinoises par mois; Cette somme ne comprend pas les devises \u00e0 fournir aux forces japonaises du Tonkin, pr\u00e9vues par l'accord ant\u00e9rieur. Le Gouvernement japonais est dispos\u00e9 \u00e0 payer les devises susvis\u00e9es au choix du Gouvernement fran\u00e7ais, soit en yens transf\u00e9rables, soit en dollars am\u00e9ricains, soit en or.<\/em><br \/><em>Le Gouvernement fran\u00e7ais donnera son accord au dispositif g\u00e9n\u00e9ral d'entr\u00e9e de ces forces et prendra toutes les mesures utiles pour \u00e9viter la possibilit\u00e9 d'un conflit fortuit avec les forces indochinoises.<\/em><br \/><em>- Tertio -<\/em><br \/><em>Les dispositions de d\u00e9tail concernant les forces japonaises seront \u00e9tablies d'accord entre les autorit\u00e9s militaires japonaises et fran\u00e7aises sur place.<br \/><br \/>sign\u00e9: Darlan et Sotomatsu Kato<\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p>Les n\u00e9gociations pour l&rsquo;application de cet accord sont ainsi laiss\u00e9es \u00e0 l&rsquo;initiative du vice-amiral Jean Decoux. Ce dernier fait tra\u00eener les choses jusqu&rsquo;en d\u00e9cembre 1941. Apr\u00e8s l&rsquo;attaque de Pearl Harbour le 7 d\u00e9cembre 1941, la France Libre d\u00e9clare la guerre au Japon et ceci rend peut-\u00eatre les n\u00e9gociations plus difficiles.<\/p>\n<p>D\u00e9but 1944, le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle nomme officieusement repr\u00e9sentant du CFLN le g\u00e9n\u00e9ral de corps d&rsquo;arm\u00e9e Eug\u00e8ne Mordant, commandant les troupes d&rsquo;Indochine. Le g\u00e9n\u00e9ral Mordant double l&rsquo;amiral Decoux qui reste gouverneur g\u00e9n\u00e9ral en titre. Le 3 juin 1944, le g\u00e9n\u00e9ral Mordant devient le repr\u00e9sentant officieux du GRPF.<\/p>\n<p>Les relations entre le Vietminh et les \u00c9tats-Unis d\u00e9butent en automne 1944 \u00e0 l&rsquo;occasion du parachutage forc\u00e9, en raison d&rsquo;une panne de moteur, d&rsquo;un pilote am\u00e9ricain, le lieutenant Shaw. Il est charitablement secouru par des partisans Vietminh de la r\u00e9gion de Cao Bang et conduit jusqu&rsquo;\u00e0 Ho Chi Minh qui lui fait la meilleure impression.<\/p>\n<p><em>C&rsquo;est au d\u00e9but du XIX\u00b0 si\u00e8cle que l&#8217;empereur Gia Long donna \u00e0 son empire le nom de Vietnam.<\/em><br \/><em>Le Vietminh (Front pour l&rsquo;ind\u00e9pendance du Vietnam) est une organisation politique et paramilitaire cr\u00e9\u00e9e en 1941 par le parti communiste vietnamien.<\/em><br \/><em>Ho Chi Minh, qui signifie \u00ab\u00a0H\u00f4 \u00e0 la volont\u00e9 \u00e9clair\u00e9e\u00a0\u00bb, est un pseudo qu&rsquo;utilise Nguyen Sinh Cung depuis 1940.<\/em><\/p>\n<p>En <strong>d\u00e9cembre 1944<\/strong>, les Am\u00e9ricains chassent les Japonais des Philippines.<\/p>\n<p>Le <strong>12 janvier 1945<\/strong>, des avions am\u00e9ricains d\u00e9truisent une quarantaine de navires japonais dans la rivi\u00e8re de Sa\u00efgon et au large du Cap Saint-Jacques. Les Japonais envisagent l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9barquement am\u00e9ricain en Indochine et, de janvier \u00e0 d\u00e9but mars 1945, les troupes japonaises en Indochine passent de 8.000 \u00e0 60.000 hommes. La pr\u00e9sence de l&rsquo;arm\u00e9e japonaise se transforme en v\u00e9ritable occupation par le coup de force du <strong>9 mars 1945<\/strong> au cours duquel est fait prisonnier l&rsquo;amiral Decoux qui reste intern\u00e9 45 jours.<br \/>Sur les 38.000 hommes que compte l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise en Indochine, 5.000 hommes stationn\u00e9s au Tonkin sous les ordres des g\u00e9n\u00e9raux de division Gabriel Sabattier et Marcel Alessandri s&rsquo;opposent, pendant quelques semaines, \u00e0 cette occupation avant de se replier en Chine, en abandonnant le mat\u00e9riel lourd, pr\u00e9alablement rendu inutilisable.<\/p>\n<p>Du <strong>10 au 13 mars 1945<\/strong>, Georges Bidault, ministre des Affaires \u00c9trang\u00e8res, puis De Gaulle demandent aux \u00c9tats-Unis d&rsquo;aider imm\u00e9diatement ces troupes : Du 19 mars au 21 avril, cette aide est mod\u00e9r\u00e9e et quelque peu chaotique.<br \/>Car le pr\u00e9sident Roosevelt, anticolonialiste et francophobe, a pour objectif d&#8217;emp\u00eacher le retour de la France en Indochine. L&rsquo;\u00e9viction de la France et de la Grande-Bretagne permettrait aux \u00c9tats-Unis de dominer le Sud-Est asiatique. Cette non-assistance aux troupes fran\u00e7aises n&rsquo;est pas comprise par certains militaires am\u00e9ricains ; Ainsi, le g\u00e9n\u00e9ral Claire Chennault, commandant la 14\u00b0 air-force en Chine m\u00e9ridionale, se dit \u00e9c\u0153ur\u00e9 de laisser les Fran\u00e7ais se faire massacrer dans la jungle. <br \/>La majorit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise est intern\u00e9e, de mani\u00e8re tr\u00e8s cruelle, par les Japonais. Ceux-ci font appel \u00e0 l&rsquo;informatique dans leur recherche m\u00e9thodique des lambeaux de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le <strong>11 mars 1945<\/strong>, sous la pression japonaise, l&#8217;empereur Bao Da\u00ef proclame publiquement l&rsquo;abolition du protectorat fran\u00e7ais et d\u00e9clare que le pays reprend ses droits \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance. Le gouvernement Tran Trong Kim, form\u00e9 par Bao Da\u00ef le 17 avril, n&rsquo;arrive pas \u00e0 contr\u00f4ler une situation de plus en plus confuse.<\/p>\n<p>Le <strong>24 mars 1945<\/strong>, De Gaulle fait une d\u00e9claration \u00e9voquant la libert\u00e9 de l\u2019Indochine, mais en termes tr\u00e8s vagues, et surtout en repoussant l\u2019id\u00e9e de l\u2019unification des 3 Ky. Il \u00e9voque son projet de cr\u00e9ation d\u2019un Commonwealth \u00e0 la fran\u00e7aise, l\u2019Union Fran\u00e7aise, qui ne sera officiellement constitu\u00e9e que le 27 octobre 1946.<\/p>\n<p>En <strong>juin 1945<\/strong>, des agents am\u00e9ricains bas\u00e9s en Chine du Sud, dont le commandant Archimedes Patti, d\u00e9cident de faire participer le Vietminh \u00e0 leurs op\u00e9rations contre les Japonais et lui fournissent des armes. A cette fin, le commandant Patti rencontre Ho Chi Minh fin avril 1945 et le 26 ao\u00fbt 1945. Mais Washington refuse de s&rsquo;engager davantage et les rapports que Patti envoie ensuite \u00e0 Washington ne sont m\u00eame pas ouverts.<br \/>Un mois plus tard, le 12 juillet 1945, le commandant Revol, responsable du secteur de Tsien-Tsi, informe le commandant Jean Sainteny, chef de la mission militaire n\u00b0 5 \u00e0 Kun-ming, d&rsquo;une proposition du Vietminh de coop\u00e9rer \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;occupation japonaise, moyennant des armes. Une mission franco-am\u00e9ricaine \u00ab\u00a0d&rsquo;encadrement\u00a0\u00bb est envoy\u00e9e sur place. Le commandant Allison Thomas, de l&rsquo;OSS (Office of Strategic Services, organisme para-militaire dirig\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral William Donovan et qui deviendra plus tard la CIA) cr\u00e9e la \u00ab\u00a0Deer Team\u00a0\u00bb qui est parachut\u00e9e le 16 juillet 1945 et dote le Vietminh d&rsquo;armes neuves, ce qui augmente le prestige de ce dernier. <br \/>Ces initiatives de l&rsquo;OSS sont tol\u00e9r\u00e9es par Washington, en raison de l&rsquo;anticolonialisme de Roosevelt. Celui-ci est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 12 avril 1945, mais l&rsquo;administration am\u00e9ricaine met quelque temps pour att\u00e9nuer son propre anticolonialisme. Il faut attendre le 25 octobre 1945 pour que John Vincent, chef du bureau Asie au State Department d\u00e9clare : <br \/>\u00ab\u00a0Les \u00c9tats-Unis respecteront la souverainet\u00e9 fran\u00e7aise en Indochine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le <strong>25 juillet 1945<\/strong>, le Vietminh envoie aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises un t\u00e9l\u00e9gramme proposant des mesures transitoires pr\u00e9c\u00e9dant une ind\u00e9pendance envisag\u00e9e dans un d\u00e9lai de 5 \u00e0 10 ans. On lui r\u00e9pond que le gouvernement fran\u00e7ais accepte de n\u00e9gocier. Mais Ho Chi Minh part pour Hano\u00ef et aucune suite est donn\u00e9e \u00e0 cette correspondance jusqu\u2019au 28 septembre.<\/p>\n<p>En <strong>ao\u00fbt 1945<\/strong>, le g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain Albert Wedemeyer, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de Tchang Ka\u00ef Chek, signifie \u00e0 Jean Daridan, charg\u00e9 d&rsquo;affaires fran\u00e7ais \u00e0 Tchoung-King, son refus de laisser les 5.000 officiers et soldats r\u00e9fugi\u00e9s en Chine retourner au Tonkin.<\/p>\n<p>L&rsquo;administration fran\u00e7aise est dessaisie de tout pouvoir, mais l&rsquo;inefficacit\u00e9 de l&rsquo;administration japonaise provoque au Tonkin en <strong>automne 1945<\/strong> une grande famine (un million de morts) que les diff\u00e9rents partis annamites nationalistes utilisent paradoxalement dans leur propagande anti-fran\u00e7aise, cette propagande \u00e9tant encourag\u00e9e par les Japonais.<br \/>Ho Chi Minh, install\u00e9 depuis juin 1945 \u00e0 Tran Trao, \u00e0 80 km au nord d&rsquo;Hano\u00ef, r\u00e9ussit \u00e0 rassembler sous son autorit\u00e9 ces diff\u00e9rents partis nationalistes et \u00e0 diriger un million d&rsquo;habitants autour de la province de Thai Nguyen.<\/p>\n<p>Le <strong>2 ao\u00fbt 1945<\/strong>, lors de la conf\u00e9rence de Postdam \u00e0 laquelle De Gaulle n\u2019est pas convi\u00e9, les Alli\u00e9s d\u00e9cident que les Britanniques et les Chinois seront charg\u00e9s de d\u00e9sarmer les Japonais : les Britanniques au sud du 16\u00b0 parall\u00e8le et les Chinois au nord. Le 16\u00b0 parall\u00e8le passe \u00e0 50 kilom\u00e8tres au sud de Hu\u00e9, la capitale de l\u2019empire d\u2019Annam.<\/p>\n<p>Le <strong>13 ao\u00fbt 1945<\/strong>, le parti communiste Vietminh constitue un Comit\u00e9 de Lib\u00e9ration du peuple vietnamien. S\u2019ensuit du 17 ao\u00fbt au 3 octobre une p\u00e9riode de troubles : Tant \u00e0 Hano\u00ef qu\u2019\u00e0 Sa\u00efgon, les vietnamiens et les colons commettent de nombreuses et graves exactions, aucune des arm\u00e9es pr\u00e9sentes ne voulant assurer le maintien de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>Le <strong>14 ao\u00fbt 1945<\/strong>, Bao Da\u00ef annonce l&rsquo;annexion de la Cochinchine \u00e0 son empire.<\/p>\n<p>Le <strong>19 ao\u00fbt 1945<\/strong>, proclamation du gouvernement r\u00e9volutionnaire, avec le soutien de la gendarmerie japonaise, mais ce gouvernement n&rsquo;est pas reconnu par les \u00c9tats-Unis. Le lendemain, Ho Chi Minh et Vo Nguyen Giap se rendent ma\u00eetres de Hano\u00ef.<\/p>\n<p>Le <strong>22 ao\u00fbt 1945<\/strong>, le g\u00e9n\u00e9ral Albert Wedemeyer ayant enfin lev\u00e9 son veto, le commandant Jean Sainteny et le commandant Patti, de l&rsquo;OSS, arrivent \u00e0 Gialam, l&rsquo;a\u00e9roport d&rsquo;Hano\u00ef, \u00e0 bord d&rsquo;un avion Dakota DC3 de l&rsquo;US Air Force bas\u00e9 \u00e0 Kun-ming. L\u00e9on Pignon et le g\u00e9n\u00e9ral Alessandri arriveront \u00e0 Gialam le 19 septembre 1945 par les m\u00eames moyens.<\/p>\n<p>Le <strong>25 ao\u00fbt 1945<\/strong>, Bao Da\u00ef est contraint d\u2019abdiquer en faveur du Vietminh qui lui demande de s&rsquo;installer \u00e0 Hano\u00ef et, le 10 novembre, le nomme conseiller supr\u00eame.<\/p>\n<p>Le <strong>29 ao\u00fbt 1945<\/strong>, un gouvernement provisoire est form\u00e9 sous la pr\u00e9sidence d&rsquo;Ho Chi Minh, et le <strong>2 septembre<\/strong>, \u00e0 Hano\u00ef, celui-ci proclame la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Viet-Nam (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Vi%C3%AAt_Nam\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">RDVN<\/a>).<br \/>De leur c\u00f4t\u00e9, les populations cambodgienne et laotienne, ainsi que leurs dirigeants respectifs, le roi Norodom Sihanouk et le prince Sisavang Vong, acceptent de rester au statu quo ante.<\/p>\n<p>D\u00e8s le <strong>20 ao\u00fbt 1945 :<br \/><\/strong>Suite \u00e0 la conf\u00e9rence de Postdam, les Chinois entrent au Tonkin en force, soit 130.000 hommes command\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral Lu Han, totalement corrompu, dont Tchang Kai Chek se d\u00e9barrasse en l&rsquo;envoyant au Tonkin. Ils d\u00e9sarment les soldats fran\u00e7ais comme les soldats japonais, font main basse sur tout le commerce local et n\u2019assurent pas la s\u00e9curit\u00e9 des civils fran\u00e7ais. <br \/>Tout en faisant mine de d\u00e9clarer le Vietnam ind\u00e9pendant, ils s\u2019emparent de la totalit\u00e9 de l\u2019administration. Cette mainmise deviendra si importante que le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc, Commandant en chef en Indochine depuis le 15 ao\u00fbt 1945, devra envoyer, le 28 f\u00e9vrier 1946, le colonel Jean Cr\u00e9pin \u00e0 Tchoung-King (capitale du Yunnan, une province au sud-ouest de la Chine o\u00f9 le gouvernement de Tchang Ka\u00ef Chek s&rsquo;\u00e9tait repli\u00e9) pour n\u00e9gocier un trait\u00e9 par lequel la Chine reconna\u00eet la souverainet\u00e9 de la France en Indochine. Cet accord ne sera appliqu\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s la signature d&rsquo;un deuxi\u00e8me accord le <strong>13 mars 1946<\/strong> \u00e0 Tchoung-King. D&rsquo;apr\u00e8s ces accords, la Chine s&rsquo;engage \u00e0 retirer ses troupes le 31 mars 1946, mais elle ne le fera que le <strong>18 septembre 1946<\/strong>.<br \/>A partir du <strong>6 septembre 1945<\/strong>, les Britanniques arrivent \u00e0 Tan Son Nhut, l\u2019a\u00e9roport de Sa\u00efgon. Ce sont principalement des unit\u00e9s indiennes, plac\u00e9es sous les ordres du major g\u00e9n\u00e9ral Douglas Gracey. Celui-ci contribuera fortement au r\u00e9tablissement de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise en Indochine. Il quitte l\u2019Indochine le <strong>28 janvier 1946<\/strong> apr\u00e8s avoir d\u00e9sarm\u00e9 54.000 Japonais.<br \/>Les Japonais quitteront l&rsquo;Indochine en <strong>mai-juin 1946<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Pour les trois Ky, voici l\u2019\u00e9volution des \u00e9v\u00e9nements d\u2019ao\u00fbt 1945 \u00e0 f\u00e9vrier 1946\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Le Vietminh se rend progressivement ma\u00eetre des montagnes et des campagnes du nord et du centre du Vietnam.<br \/><em>Dans les rizi\u00e8res, les partisans Vietminh sont ind\u00e9tectables, car ils s&rsquo;immergent totalement, un roseau faisant office de tuba.<\/em><\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Philippe de Hauteclocque, dit le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc, nomm\u00e9 Commandant en Chef le <strong>15 ao\u00fbt<\/strong>, arrive le <strong>5 octobre 1945<\/strong> \u00e0 Sa\u00efgon. <br \/>Le vice-amiral Georges Thierry d\u2019Argenlieu, nomm\u00e9 Haut-Commissaire de France en Indochine le <strong>15 ao\u00fbt<\/strong>, arrive le <strong>30 octobre 1945 <\/strong>\u00e0 Sa\u00efgon.<\/p>\n<p><em>Les deux hommes ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s le m\u00eame jour par De Gaulle qui a voulu express\u00e9ment que le Commandant en Chef soit sous les ordres du Haut-Commissaire. Les deux hommes ne s\u2019entendent pas et le fait que Leclerc ait quatre \u00e9toiles et Thierry d\u2019Argenlieu seulement trois n\u2019arrange pas les choses. Ce point protocolaire sera r\u00e9solu quand Thierry d\u2019Argenlieu sera nomm\u00e9 vice-amiral d\u2019escadre en mars 1946<\/em>.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral de brigade Raoul Salan, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 militaire du haut-commissaire, s\u2019installe \u00e0 Hano\u00ef le 1\u00b0 septembre. Le 29 octobre 1945, le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc le nomme commandant des forces fran\u00e7aises de Chine et d&rsquo;Indochine du Nord.<\/p>\n<p>Courant ao\u00fbt 1945, deux Commissaires de la R\u00e9publique sont nomm\u00e9s :<br \/>&#8211; Jean C\u00e9dile pour l&rsquo;Indochine du Sud. Il est parachut\u00e9 le <strong>22 ao\u00fbt 1945<\/strong> en Cochinchine et rejoint Sa\u00efgon sans trop de mal.<br \/>&#8211; Pierre Messmer pour l&rsquo;Indochine du Nord. Il est parachut\u00e9 le <strong>22 ao\u00fbt 1945<\/strong> et est imm\u00e9diatement captur\u00e9 par le Vietminh. Durement intern\u00e9, il s&rsquo;\u00e9vade le 18 octobre 1945 et rejoint Hano\u00ef o\u00f9 il voit Jean Sainteny. Epuis\u00e9, il demande \u00e0 ce dernier de rester en poste, puis regagne Sa\u00efgon et rentre en France. Il reviendra en Indochine en avril 1946 pour la premi\u00e8re conf\u00e9rence de Dalat.<\/p>\n<p>Ho Chi Minh ne veut pas rencontrer les repr\u00e9sentants de De Gaulle sans s&rsquo;\u00eatre assur\u00e9 de la bienveillance des \u00c9tats-Unis. Avec Vo Nguyen Giap, il re\u00e7oit, le 26 ao\u00fbt 1945, une mission d&rsquo;enqu\u00eate am\u00e9ricaine avec un enthousiasme surprenant de la part d&rsquo;un mouvement communiste.<br \/>Pour se soustraire \u00e0 la pression chinoise qu\u2019il juge tr\u00e8s dangereuse, Ho Chi Minh entame le <strong>28 septembre 1945<\/strong> des n\u00e9gociations secr\u00e8tes avec la France : <br \/>Il rencontre L\u00e9on Pignon, directeur de la section Indochine du minist\u00e8re des Colonies, et le g\u00e9n\u00e9ral de brigade Marcel Alessandri. <br \/>Le 15 octobre 1945, il rencontre Jean Sainteny, Commissaire de la R\u00e9publique au Tonkin depuis le 2 octobre.\u00a0 Le 8 f\u00e9vrier 1946, il rencontre le g\u00e9n\u00e9ral Raoul Salan.<\/p>\n<p>Deux jours apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Sa\u00efgon, Leclerc d\u00e9clare \u00e0 la population fran\u00e7aise, le 7 octobre 1945 : \u00ab\u00a0Les Indochinois, \u00e9gar\u00e9s momentan\u00e9ment par une propagande funeste, ne sont pas nos ennemis.\u00a0\u00bb et \u00e0 ses troupes, il donne comme instruction : \u00ab\u00a0Vous n&rsquo;allez plus vous battre en pays hostile contre l&rsquo;ennemi s\u00e9culaire de la France. C&rsquo;est un difficile travail de pacification que vous aurez \u00e0 faire en Indochine.\u00a0\u00bb<br \/>D\u00e9but <strong>janvier 1946<\/strong>, Thierry d&rsquo;Argenlieu se plaint \u00e0 De Gaulle des tendances capitulardes de Leclerc.<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Le <strong>26 janvier 1946<\/strong>\u00a0: <br \/>Tchang Ka\u00ef Chek autorise les troupes fran\u00e7aises \u00e0 quitter le Yunnan pour le Laos.<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Le <strong>16 f\u00e9vrier 1946<\/strong>\u00a0: <br \/>Ho Chi Minh indique \u00e0 Jean Sainteny qu&rsquo;il est pr\u00eat \u00e0 n\u00e9gocier sur la base de l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Union fran\u00e7aise. Jean Sainteny en informe le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc. Le <strong>18 f\u00e9vrier 1946<\/strong>, Leclerc envoie au Gouvernement Provisoire de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise pr\u00e9sid\u00e9 par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gouvernement_F%C3%A9lix_Gouin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">F\u00e9lix Gouin<\/a> un t\u00e9l\u00e9gramme proposant un <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Accords_H%C3%B4-Sainteny\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">accord<\/a> avec le Vietminh. Le gouvernement donne son accord de principe que le Haut-Commissaire Thierry d&rsquo;Argenlieu est charg\u00e9 de transmettre \u00e0 Jean Sainteny, qui le fera conna\u00eetre \u00e0 Ho Chi Minh.<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Le <strong>6 mars 1946 :<\/strong><br \/>En pr\u00e9sence de MM. Nguyen Tuong Tam, Hoang Minh Giam, L\u00e9on Pignon, Louis Caput (repr\u00e9sentant local de la SFIO), du g\u00e9n\u00e9ral Salan, des observateurs des Alli\u00e9s (britannique, am\u00e9ricain, chinois), une \u00ab\u00a0Convention Pr\u00e9liminaire\u00a0\u00bb est sign\u00e9e entre la R\u00e9publique Fran\u00e7aise repr\u00e9sent\u00e9e par M. Jean Sainteny et la R\u00e9publique du Vi\u00eat-Nam repr\u00e9sent\u00e9e par MM. Ho Chi Minh et Vu Hong Khahn. En voici le texte :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>Le gouvernement de la R\u00e9publique fran\u00e7aise repr\u00e9sent\u00e9 par M. Sainteny, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du Haut-Commissaire de France, r\u00e9guli\u00e8rement mandat\u00e9 par le vice-amiral d'escadre Thierry d'Argenlieu, Haut-Commissaire de France, d\u00e9positaire des pouvoirs de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, d'une part, et le gouvernement du Viet-Nam, repr\u00e9sent\u00e9 par son pr\u00e9sident, M. Ho Chi Minh, et le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 sp\u00e9cial du Conseil des Ministres M. Vu Hong Khahn, d'autre part, sont convenus de ce qui suit :<br \/><br \/><\/em><em>1) Le gouvernement fran\u00e7ais reconna\u00eet la R\u00e9publique du Viet-Nam comme un \u00c9tat libre, ayant son gouvernement, son Parlement, son arm\u00e9e et ses finances, faisant partie de la F\u00e9d\u00e9ration Indochinoise et de l'Union fran\u00e7aise, et s'engage \u00e0 ent\u00e9riner les d\u00e9cisions prises par les populations consult\u00e9es par r\u00e9f\u00e9rendum.<\/em><br \/><em>2) Le gouvernement du Viet-Nam se d\u00e9clare pr\u00eat \u00e0 accueillir amicalement l'arm\u00e9e fran\u00e7aise lorsque, conform\u00e9ment aux accords internationaux, elle rel\u00e8vera les troupes chinoises. Un accord annexe, joint \u00e0 la pr\u00e9sente convention pr\u00e9liminaire, fixera les modalit\u00e9s selon lesquelles s'effectueront les op\u00e9rations de la rel\u00e8ve.<\/em><br \/><em>3) Les stipulations ci-dessus formul\u00e9es entreront imm\u00e9diatement en vigueur aussit\u00f4t apr\u00e8s l'\u00e9change des signatures.<\/em><br \/><br \/><em>Chacune des parties contractantes prendra toutes les mesures n\u00e9cessaires pour faire cesser sur-le-champ les hostilit\u00e9s, maintenir ses troupes sur leurs positions respectives et cr\u00e9er un climat favorable \u00e0 l'ouverture imm\u00e9diate de relations amicales avec la France. Ces n\u00e9gociations porteront notamment sur les relations diplomatiques du Viet-Nam avec les Etats \u00e9trangers, le statut futur de l'Indochine, les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et culturels. Hano\u00ef, Sa\u00efgon ou Paris pourront \u00eatre pr\u00e9vus comme si\u00e8ge de la conf\u00e9rence.<\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p>Cette convention a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par une annexe, d&rsquo;ordre militaire, sign\u00e9e le m\u00eame jour, 6 mars 1946, par les trois m\u00eames personnes. En voici le texte :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>Entre les Hautes parties contractantes d\u00e9sign\u00e9es \u00e0 la Convention pr\u00e9liminaire, il est convenu ce qui suit :<\/em><br \/><br \/><em>1) Les Forces de rel\u00e8ve se composeront :<\/em><br \/><em>-a) de dix mille Vietnamiens, avec leurs cadres Vietnamiens, relevant des autorit\u00e9s du VIET-NAM.<\/em><br \/><em>-b) de quinze mille Fran\u00e7ais, y compris les Forces Fran\u00e7aises r\u00e9sidant actuellement dans le territoire du VIET-NAM au Nord du 16\u00e8me parall\u00e8le. Les dits \u00e9l\u00e9ments devront \u00eatre compos\u00e9s uniquement de Fran\u00e7ais d'origine m\u00e9tropolitaine, \u00e0 l'exception des Troupes charg\u00e9es de la garde des prisonniers Japonais.<\/em><br \/><br \/><em>L'ensemble de ces forces sera plac\u00e9 sous le Commandement Sup\u00e9rieur Fran\u00e7ais, assist\u00e9 de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s Vietnamiens. La progression, l'implantation et l'utilisation de ces forces seront d\u00e9finies au cours d'une Conf\u00e9rence d'Etat-Major entre les Repr\u00e9sentants des Commandements Fran\u00e7ais et Vietnamiens, laquelle se tiendra d\u00e8s le d\u00e9barquement des Unit\u00e9s Fran\u00e7aises.<\/em><br \/><em>Des Commissions Mixtes seront cr\u00e9\u00e9es \u00e0 tous les \u00e9chelons, pour assurer dans un esprit d'amicale collaboration, la liaison entre les Troupes Fran\u00e7aises et les Troupes Vietnamiennes.<\/em><br \/><br \/><em>2) Les \u00e9l\u00e9ments fran\u00e7ais des forces de rel\u00e8ve seront r\u00e9partis en trois cat\u00e9gories :<\/em><br \/><em>-a) Les Unit\u00e9s charg\u00e9es d'assurer le garde des prisonniers de guerre Japonais. Ces Unit\u00e9s seront rapatri\u00e9es d\u00e8s que leur mission sera devenue sans objet par suite de l'\u00e9vacuation des prisonniers japonais, en tout cas, dans un d\u00e9lai maximum de dix mois.<\/em><br \/><em>-b) Les Unit\u00e9s charg\u00e9es d'assurer, en collaboration avec l'arm\u00e9e Vietnamienne, le maintien de l'ordre public et de la s\u00e9curit\u00e9 du territoire vietnamien. Ces Unit\u00e9s seront relev\u00e9es, par cinqui\u00e8me, chaque ann\u00e9e, par l'Arm\u00e9e Vietnamienne, cette rel\u00e8ve \u00e9tant donc effectivement r\u00e9alis\u00e9e dans un d\u00e9lai de cinq ans.<\/em><br \/><em>-c) Les Unit\u00e9s charg\u00e9es de la D\u00e9fense des bases navales et a\u00e9riennes. La dur\u00e9e de la mission confi\u00e9e \u00e0 ces Unit\u00e9s sera d\u00e9finie dans les Conf\u00e9rences ult\u00e9rieures.<\/em><br \/><br \/><em>3) Dans les places o\u00f9 les troupes Fran\u00e7aises et Vietnamiennes tiendront garnison, des zones de cantonnement nettement d\u00e9limit\u00e9es leur seront assign\u00e9es.<\/em><br \/><br \/><em>4) Le gouvernement Fran\u00e7ais s'engage \u00e0 ne pas utiliser les prisonniers Japonais \u00e0 des fins militaires.<\/em><br \/><br \/>Fait \u00e0 HANOI, le 6 Mars 1946<br \/>Sign\u00e9 : SAINTENY, HO CHI MINH, VU HONG KHANH<\/pre>\n<\/blockquote>\n<p><em>On peut s&rsquo;\u00e9tonner que, lors du d\u00e9bat parlementaire de mars 1947, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gouvernement_Paul_Ramadier_(1)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Paul Ramadier<\/a>, d\u00e9clarant le document du 6 mars 1946 \u00ab\u00a0caduc\u00a0\u00bb, ait employ\u00e9 le terme emphatique de \u00ab\u00a0trait\u00e9 \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Cet accord ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9 et quand Ho Chi Minh vient le d\u00e9fendre le 7 mars devant la population d&rsquo;Hano\u00ef, la foule est r\u00e9tive, m\u00e9fiante et nerveuse. <br \/>Bao Da\u00ef, conseiller supr\u00eame du Vietminh, avait obstin\u00e9ment refus\u00e9 de participer aux n\u00e9gociations de Sainteny, qu&rsquo;il conna\u00eet bien, avec les \u00ab\u00a0rouges\u00a0\u00bb. Il d\u00e9sapprouve l&rsquo;accord du 6 mars 1946 et quitte le Vietnam en avril 1946 pour s&rsquo;installer \u00e0 Hong-Kong o\u00f9 il m\u00e8ne une vie dissolue. Quelques mois plus tard, Ho Chi Minh lui \u00e9crit :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>N'oubliez pas que vous repr\u00e9sentez le Vietnam et son histoire. Que votre vie soit digne du nom que vous portez, de la patrie commune, de notre ind\u00e9pendance enfin acquise.<\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019amiral Thierry d\u2019Argenlieu n\u2019approuve pas, non plus, les documents sign\u00e9s le 6 mars 1946, notamment l\u2019accord annexe qu\u2019il consid\u00e8re comme un \u00ab Munich indochinois \u00bb. De son c\u00f4t\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc d\u00e9clare : \u00ab Nous serons embourb\u00e9s dans cette guerre \u00bb et pr\u00e9conise la poursuite des n\u00e9gociations. Ce qui provoque une violente dispute entre les deux hommes.<\/p>\n<p>Le <strong>6 mars 1946<\/strong> toujours, le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc ayant re\u00e7u l&rsquo;accord des dirigeants chinois et vietnamiens, la flotte fran\u00e7aise se pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la rivi\u00e8re d&rsquo;Ha\u00efphong o\u00f9 elle est accueillie par un violent tir des troupes chinoises. Un LST br\u00fble et 137 hommes sont tu\u00e9s. Leclerc a ordonn\u00e9 de riposter avec mod\u00e9ration et parlemente avec le ministre des Affaires Etrang\u00e8res chinois M. Wang Shijie. Celui-ci accepte que la flotte stationne en aval d&rsquo;Ha\u00efphong, mais n&rsquo;autorise pas le d\u00e9barquement des troupes fran\u00e7aises. Il faudra deux semaines de n\u00e9gociations pour que celui-ci soit accept\u00e9.<\/p>\n<p>Le <strong>18 mars 1946<\/strong>, Leclerc et les 1500 hommes du groupement de marche de la 2\u00b0 DB, command\u00e9 par le lieutenant-colonel Jacques Massu, entrent \u00e0 Hano\u00ef. Il rencontre aussit\u00f4t Ho Chi Minh. On peut alors esp\u00e9rer que le conflit vietnamien soit en voie de r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Le <strong>24 mars 1946<\/strong>, Thierry d\u2019Argenlieu re\u00e7oit Ho Chi Minh en baie d\u2019Along et \u00e9lude toute suite imm\u00e9diate \u00e0 la convention du 6 mars. Bien que pr\u00e9sent sur le croiseur <em>\u00c9mile-Bertin<\/em>, le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc n\u2019est pas invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 ces entretiens. Offens\u00e9 par l\u2019attitude de l\u2019amiral, le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc lui \u00e9crit le 1\u00b0 avril pour affirmer sa volont\u00e9 de jouer franc-jeu avec les Annamites.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1357\" aria-describedby=\"caption-attachment-1357\" style=\"width: 692px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1357\" src=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BaieAlong4nb-1.jpg\" alt=\"\" width=\"692\" height=\"462\" srcset=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BaieAlong4nb-1.jpg 1199w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BaieAlong4nb-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BaieAlong4nb-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/BaieAlong4nb-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 692px) 100vw, 692px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1357\" class=\"wp-caption-text\">Une pirogue dans la baie d&rsquo;Along<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n<figure id=\"attachment_1315\" aria-describedby=\"caption-attachment-1315\" style=\"width: 541px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1315\" src=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Emile-Bertin_1946.jpg\" alt=\"\" width=\"541\" height=\"634\" srcset=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Emile-Bertin_1946.jpg 736w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Emile-Bertin_1946-256x300.jpg 256w\" sizes=\"auto, (max-width: 541px) 100vw, 541px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1315\" class=\"wp-caption-text\">Ho Chi Minh, Sainteny, Leclerc et Thierry d&rsquo;Argenlieu sur l&rsquo;Emile-Bertin<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le <strong>3 avril 1946<\/strong>, \u00e0 la demande de l&rsquo;amiral Thierry d&rsquo;Argenlieu, un deuxi\u00e8me accord annexe est sign\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Salan, le g\u00e9n\u00e9ral Vo Nguyen Giap et M. Vu Hong Khahn pour pr\u00e9ciser \u00ab\u00a0provisoirement\u00a0\u00bb les conditions d&rsquo;application de la convention du 6 mars 1946. Par ce deuxi\u00e8me accord, l&rsquo;amiral cherche \u00e0 restreindre la port\u00e9e des documents sign\u00e9s le 6 mars. Le d\u00e9lai de 5 ans au bout duquel les forces fran\u00e7aises doivent quitter le Vietnam est supprim\u00e9. Voici ce document que nous avons p\u00e9niblement d\u00e9chiffr\u00e9 dans les archives du g\u00e9n\u00e9ral Salan :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>Le 3 avril 1946,\u00e0 Hano\u00ef :<\/em><br \/><em>- Le G\u00e9n\u00e9ral SALAN, D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 militaire du Haut-Commissaire de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise, d'une part,<\/em><br \/><em>- MM.VO NGUYEN GIAP et VU HONG KHANH, Pr\u00e9sident et Vice-Pr\u00e9sident du Conseil Sup\u00e9rieur de la D\u00e9fense Nationale de la R\u00e9publique du VIET-NAM, d'autre part,<\/em><br \/><em>sont convenus de ce qui suit\u00a0:<\/em><br \/><br \/><em>I. LES FORCES DE RELEVE<\/em><br \/><br \/><em>1) Les forces de rel\u00e8ve Franco-Vietamiennes se composeront de 10.000 Vietnamiens et de 15.000 Fran\u00e7ais.<\/em><br \/><em>2) Les 10.000 Vietnamiens (dont 5.000 sont arm\u00e9s) constituant 2 unit\u00e9s avec leurs cadres Vietnamiens, et relevant des autorit\u00e9s du VIET-NAM, seront mis \u00e0 la disposition du Commandant Sup\u00e9rieur fran\u00e7ais assist\u00e9 de D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s Vietnamiens au fur et \u00e0 mesure des n\u00e9cessit\u00e9s de la rel\u00e8ve.<\/em><br \/><em>Ils continueront \u00e0 \u00eatre administr\u00e9s par le Gouvernement Vietnamien.<\/em><br \/><em>3) La modernisation de leur \u00e9quipement, de leur armement ainsi que les questions d'administration et de ravitaillement, avec l'aide de la FRANCE, seront \u00e9tudi\u00e9es au cours des n\u00e9gociations g\u00e9n\u00e9rales.<\/em><br \/><em>4) L'effectif des Forces Fran\u00e7aises dans le territoire du VIET-NAM au Nord du 16\u00e8me parall\u00e8le ne doit pas d\u00e9passer 15.000 hommes.<\/em><br \/><em>5) Les forces fran\u00e7aises doivent \u00eatre compos\u00e9es uniquement de Fran\u00e7ais m\u00e9tropolitains. Les Fran\u00e7ais d'origine non m\u00e9tropolitaine devront \u00eatre uniquement affect\u00e9s \u00e0 la garde des prisonniers de guerre Japonais.<\/em><br \/><br \/><em>II. IMPLANTATION ET REPARTITION DES TROUPES<\/em><br \/><br \/><em>1) Troupes fran\u00e7aises :<\/em><br \/><em>L'effectif pr\u00e9vu pour la garde des prisonniers de guerre Japonais est de 500 hommes.<\/em><br \/><em>Les unit\u00e9s charg\u00e9es d'assurer, en collaboration avec l'arm\u00e9e Vietnamienne, le maintien de l'ordre public et la s\u00e9curit\u00e9 du territoire vietnamien, ainsi que les unit\u00e9s charg\u00e9es de la d\u00e9fense des bases, seront stationn\u00e9es suivant le tableau donn\u00e9 dans l'annexe 3. Leur effectif total s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 14.500 hommes.<\/em><br \/><em>2) Troupes vietnamiennes :<\/em><br \/><em>L'implantation des troupes vietnamiennes de rel\u00e8ve est r\u00e9gl\u00e9e suivant le tableau donn\u00e9 en annexe 2.<\/em><br \/><em>3) L'implantation des troupes de rel\u00e8ve peut \u00eatre toutefois soumise \u00e0 r\u00e9vision par entente commune.<\/em><br \/><em>4) Pour chaque point d'implantation, les zones de cantonnement dans le centre urbain seront choisies d'un commun accord. Les b\u00e2timents militaires , ou de l'ancienne garde indochinoise, dans les zones de cantonnement seront utilis\u00e9s en priorit\u00e9. Ils doivent se pr\u00eater \u00e0 cette utilisation.<\/em><br \/><em>De m\u00eame, le traitement m\u00e9dical devra se faire dans les h\u00f4pitaux ou les infirmeries militaires \u00e0 d\u00e9terminer d'un commun accord. Les frais d'installation et de fonctionnement seront support\u00e9s proportionnellement aux effectifs cantonn\u00e9s et soign\u00e9s.<\/em><br \/><em>5)Le port des armes des militaires en dehors de leur service est en principe interdit. Une r\u00e9glementation sera \u00e9tablie \u00e0 cet effet pour chaque localit\u00e9, d'un commun accord.<\/em><br \/><em>6)Les terrains de man\u0153uvre et d'exercice, ainsi que leur usage, seront fix\u00e9s par les commandements locaux, d'un commun accord.<\/em><br \/><em>7)Les v\u00e9hicules militaires de liaison et de ravitaillement (avec, au maximum, 4 hommes arm\u00e9s par voiture) circuleront normalement et sans laisser-passer entre les\u00a0postes fran\u00e7ais et vietnamiens de rel\u00e8ve. Le nombre d'hommes arm\u00e9s par convoi de ravitaillement ou de mission de liaison n'exc\u00e9dera pas 60. Chaque unit\u00e9 de rel\u00e8ve contr\u00f4lera ses propres v\u00e9hicules. Des missions mixtes seront cr\u00e9\u00e9es, en tous temps, aux postes de contr\u00f4le qui devront communiquer leurs comptes-rendus de circulation. L'\u00e9tablissement de ces postes de contr\u00f4le sera arr\u00eat\u00e9 d'un commun accord.<\/em><br \/><em>8)Les voies fluviales sont ouvertes au trafic militaire dans les m\u00eames conditions. Pour tenir compte de certaines conditions locales et jusqu'\u00e0 ce que la s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale soit \u00e9tablie, le commandement fran\u00e7ais s'adressera cependant au gouvernement vietnamien avant de faire des mouvements et tiendra compte de ses suggestions.<\/em><br \/><em>9)Les questions des Chemins de Fer, des P.T.T et de la radio feront l'objet d'accords ult\u00e9rieurs entre les organismes comp\u00e9tents.<\/em><br \/><br \/><em>III. PROGRESSION DES TROUPES DE RELEVE<\/em><br \/><br \/><em>Pour chaque mouvement des troupes fran\u00e7aises ou vietnamiennes de rel\u00e8ve, les ordres, \u00e9labor\u00e9s avec la D\u00e9l\u00e9gation Vietnamienne \u00e0 l'\u00e9chelon du commandement sup\u00e9rieur, seront soumis \u00e0 cette D\u00e9l\u00e9gation au moins 48 heures \u00e0 l'avance. Ils devront fixer la date, l'itin\u00e9raire et les modalit\u00e9s du mouvement. Le gouvernement vietnamien pr\u00e9viendra la population parer \u00e0 des incidents, dans la mesure du possible.<\/em><br \/><em>En ce qui concerne les villes fronti\u00e8res, \u00e9tant donn\u00e9es les difficult\u00e9s locales, les troupes fran\u00e7aises doivent tenir le plus grand compte des modalit\u00e9s recommand\u00e9es par le gouvernement vietnamien.<\/em><br \/><em>Ces mouvements ne doivent, en aucune fa\u00e7on, affecter le plan d'implantation pr\u00e9vu aux annexes 1 et 2.<\/em><br \/><br \/><em>IV. UTILISATION DES TROUPES<\/em><br \/><br \/><em>1) Organisation du commandement :<\/em><br \/><em>Les forces de rel\u00e8ve franco-vietnamiennes sont plac\u00e9es sous le Commandement Sup\u00e9rieur fran\u00e7ais, assist\u00e9 d'une d\u00e9l\u00e9gation vietnamienne install\u00e9e aupr\u00e8s de lui en permanence et dont le chef devra \u00eatre d'un rang \u00e9lev\u00e9.<\/em><br \/><em>Les ordres du Commandant Sup\u00e9rieur aux forces franco-vietnamiennes de rel\u00e8ve seront pris en accord avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vietnamiens. Les ordres concernant les troupes vietnamiennes de rel\u00e8ve seront contresign\u00e9s et transmis, en temps utile, par les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vietnamiens aux troupes vietnamiennes de rel\u00e8ve.<\/em><br \/><em>2) L'ordre et la s\u00e9curit\u00e9 :<\/em><br \/><em>Les troupes fran\u00e7aises et vietnamiennes de rel\u00e8ve, sous l'autorit\u00e9 du Commandant Sup\u00e9rieur Fran\u00e7ais assist\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vietnamiens, ,collaboreront avec l'arm\u00e9e Vietnamienne au maintien de l'ordre et de la s\u00e9curit\u00e9 dans les conditions suivantes :<\/em><br \/><em>-a) garde permanente de certains points sensibles arr\u00eat\u00e9s d'un commun accord.<\/em><br \/><em>-b) discipline int\u00e9rieure \u00e0 chaque arm\u00e9e par ses moyens propres habituels dont la mise en \u0153uvre sera arr\u00eat\u00e9e d'un commun accord.<\/em><br \/><em>-c) appoint de piquets et patrouilles mixtes fourni aux forces locales de police par les commandants d'arm\u00e9e fran\u00e7ais et vietnamiens \u00e0 la demande des autorit\u00e9s vietnamiennes par le canal des organismes de liaison permanents existants.<\/em><br \/><em>-d) la question de la responsabilit\u00e9 du Commandement Sup\u00e9rieur Fran\u00e7ais dans le domaine de la protection, de la vie et des biens des nationaux \u00e9trangers fera l'objet d'un protocole s\u00e9par\u00e9 avec le gouvernement du VIET-NAM.<\/em><br \/><br \/><em>V. LA LIAISON ET LE CONTROLE<\/em><br \/><br \/><em>1) Une commission mixte centrale de liaison et de contr\u00f4le est cr\u00e9\u00e9e. Son si\u00e8ge est \u00e0 HANOI. Elle est charg\u00e9 de contr\u00f4ler l'application fid\u00e8le des clauses du pr\u00e9sent accord.<\/em><br \/><em>2) Elle prendra toutes dispositions pour favoriser les contacts amicaux et pr\u00e9venir les malentendus et les incidents entre les deux arm\u00e9es.<\/em><br \/><em>3) Des commissions mixtes locales seront constitu\u00e9es, suivant les besoins, entre les troupes vietnamiennes et fran\u00e7aises de rel\u00e8ve dans les diff\u00e9rents centres d'implantation.<\/em><br \/><em>Elles re\u00e7oivent les directives de la Commission de HANOI \u00e0 laquelle elles peuvent recourir. Dans l'application de ces directives, elles d\u00e9pendent des Commandants d'Arm\u00e9e fran\u00e7ais et vietnamiens locaux. Elles \u00e9tablissent les accords locaux.<\/em><br \/><br \/><em>VI. ARMISTICE<\/em><br \/><br \/><em>1) Accord sur l'envoi d'une Commission d'Armistice dans le sud du Trang-Bo (Annam).<\/em><br \/><em>2) R\u00e9serve sur la question d'Armistice dans le Nam-Bo (Cochinchine).<\/em><br \/><br \/><em>Fait \u00e0 HANOI, le 3 avril 1946<\/em><br \/><em>Sign\u00e9 : SALAN, VO NGUYEN GIAP, VU HONG KHANH<\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p><em>Ce document, extr\u00eamement confus, appelle deux questions:<\/em><br \/><em>&#8211; Qui l&rsquo;a r\u00e9dig\u00e9 ?<\/em><br \/><em>&#8211; Pourquoi Salan et les responsables vietnamiens ont-ils sign\u00e9 un accord aussi inconsistant ?<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_1273\" aria-describedby=\"caption-attachment-1273\" style=\"width: 546px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1273\" src=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2.jpg\" alt=\"\" width=\"546\" height=\"673\" srcset=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2.jpg 1298w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2-243x300.jpg 243w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2-831x1024.jpg 831w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2-768x947.jpg 768w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Giap-Ho-2-1246x1536.jpg 1246w\" sizes=\"auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1273\" class=\"wp-caption-text\">Vo Nguyen Giap et Ho Chi Minh en 1942<\/figcaption><\/figure>\n<p>Vo Nguyen Giap, qui deviendra tr\u00e8s vite le chef de l&rsquo;arm\u00e9e du Vietminh, avait fait la connaissance d&rsquo;Ho Chi Minh en 1940 \u00e0 Kun-ming et aussit\u00f4t les deux hommes devinrent des amis ins\u00e9parables.<i><\/i><\/p>\n<p><i>Leclerc ne supporte pas la m\u00e9galomanie de Thierry d&rsquo;Argenlieu qui cr\u00e9e, le 13 novembre 1945 (d\u00e9cision n\u00b0 14\/EM\/1), un Comit\u00e9 militaire pour l&rsquo;Indochine \u00e0 seule fin de diminuer l&rsquo;autorit\u00e9 du Commandant en Chef. A deux reprises, le 25 avril et le 8 juin 1946, Leclerc \u00e9crit au g\u00e9n\u00e9ral Juin, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la D\u00e9fense Nationale, avec copie au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, pour demander sa rel\u00e8ve. En r\u00e9ponse \u00e0 sa premi\u00e8re lettre, De Gaulle conseille le 3 juin : \u00ab Tenez quelque temps encore&#8230; \u00bb.<br \/><\/i><br \/>Le <strong>27 mars 1946<\/strong>, Leclerc envoie un rapport d\u00e9taill\u00e9 au gouvernement dont voici deux extraits :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>- Je me suis aper\u00e7u soudain combien le Gouvernement avait \u00e9t\u00e9 imparfaitement et faussement inform\u00e9.<\/em><br \/><em>- J'avais, le 14 f\u00e9vrier, t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 \u00e0 Paris qu'il fallait aller jusqu'au mot m\u00eame d' \"ind\u00e9pendance\" pour \u00e9viter d'aller \u00e0 un \u00e9chec trop grave.<\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p><em>Leclerc ne d\u00e9signe personne, mais la premi\u00e8re personne charg\u00e9e officiellement d&rsquo;informer le gouvernement est le Haut-Commissaire Thierry d&rsquo;Argenlieu.<\/em><br \/><strong><br \/>Avril-septembre 1946<\/strong>\u00a0:<br \/>L&rsquo;amiral Thierry d&rsquo;Argenlieu r\u00e9unit une conf\u00e9rence \u00e0 Dalat, du <strong>17 avril au 11 mai<\/strong>, mais les positions des deux d\u00e9l\u00e9gations semblent inconciliables : La d\u00e9l\u00e9gation vietnamienne, dont le g\u00e9n\u00e9ral Vo Nguyen Giap, veut instaurer ind\u00e9pendance de fait d&rsquo;un Vietnam unifi\u00e9 (comprenant la Cochinchine) sur les points culturel, politique, \u00e9conomique et militaire, en pr\u00e9lude de l&rsquo;ind\u00e9pendance totale. La d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise, dont Pierre Messmer et le g\u00e9n\u00e9ral Raoul Salan, cherche \u00e0 annuler la convention pr\u00e9liminaire du 6 mars 1946. L&rsquo;\u00e9chec est in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t, Ho Chi Minh demande, avec insistance, \u00e0 n\u00e9gocier directement avec le gouvernement fran\u00e7ais. Le gouvernement ayant donn\u00e9 son accord, une d\u00e9l\u00e9gation vietnamienne, dirig\u00e9e par Pham Van Dong, un proche d&rsquo;Ho Chi Minh, vient \u00e0 Paris du <strong>26 avril au 16 mai<\/strong> pour pr\u00e9parer la rencontre franco-vietnamienne. Au Bourget, avant de monter dans l&rsquo;avion du retour, la d\u00e9l\u00e9gation entonne spontan\u00e9ment une vibrante Marseillaise.<\/p>\n<p>Ho Chi Minh quitte l&rsquo;Indochine le 31 mai 1946. Quand son avion survole Damas dans la soir\u00e9e du 1\u00b0 juin, il apprend par la radio que l&rsquo;amiral Thierry d&rsquo;Argenlieu a fait proclamer, le jour m\u00eame, la R\u00e9publique de Cochinchine. Quand son avion atterrit \u00e0 Biarritz le 2 juin, il d\u00e9clare am\u00e8rement \u00e0 Jean Sainteny, venu l&rsquo;accueillir, qu&rsquo;il ne voit plus la n\u00e9cessit\u00e9 de rester en France. Sainteny le r\u00e9conforte, mais il lui faudra quelques jours pour retrouver son \u00e9quilibre. Il visite le pays basque, et m\u00eame Lourdes, en attendant la formation du gouvernement de Georges Bidault, tout r\u00e9cemment nomm\u00e9 Pr\u00e9sident du Conseil.<\/p>\n<p>Il arrive le 12 juin 1946 au Bourget o\u00f9 le gouvernement repr\u00e9sent\u00e9 par M. Marius Moutet, ministre de la France d&rsquo;Outre-Mer, le re\u00e7oit comme un chef d\u2019\u00c9tat. Il est acclam\u00e9 par la foule parisienne. Il va raviver la flamme de l\u2019Arc de Triomphe le 3 juillet 1946. Voici la copie du livre d&rsquo;or de l&rsquo;Arc de Triomphe o\u00f9 l&rsquo;on voit les signatures d&rsquo;Ho Chi Minh, de Jean Sainteny, du g\u00e9n\u00e9ral Raoul Salan et de M. Honor\u00e9 Pham Ngoc Xuan :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1231\" aria-describedby=\"caption-attachment-1231\" style=\"width: 516px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1231\" src=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946.jpg\" alt=\"\" width=\"516\" height=\"679\" srcset=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946.jpg 1491w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946-228x300.jpg 228w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946-778x1024.jpg 778w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946-768x1011.jpg 768w, https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Livre_dor_presidentiel_03-07-1946-1167x1536.jpg 1167w\" sizes=\"auto, (max-width: 516px) 100vw, 516px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1231\" class=\"wp-caption-text\">(c) Archives de la Flamme<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ho Chi Minh assiste au d\u00e9fil\u00e9 du 14 juillet 1946, mais Bidault ne veut pas l&rsquo;avoir \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<br \/>La conf\u00e9rence s&rsquo;ouvre \u00e0 Fontainebleau le 6 juillet, mais se termine le 12 septembre par un constat d&rsquo;\u00e9chec, l\u2019amiral Thierry d\u2019Argenlieu ayant tout fait pour la torpiller :<br \/>\u2013 en suscitant le 1\u00b0 juin 1946 la cr\u00e9ation d\u2019une R\u00e9publique Autonome de Cochinchine sous la pr\u00e9sidence du docteur Nguyen Van Thinh,<br \/>\u2013 en r\u00e9unissant, du 1\u00b0 au 15 ao\u00fbt, la 2\u00b0 conf\u00e9rence de Dalat, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Conf\u00e9rence pr\u00e9paratoire sur le statut de la F\u00e9d\u00e9ration indochinoise dans l&rsquo;Union fran\u00e7aise\u00a0\u00bb , \u00e0 laquelle le gouvernement du Viet-Nam n&rsquo;est pas convi\u00e9.<\/p>\n<p>Le <strong>12 juillet 1946 <\/strong>:<br \/>Le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc est nomm\u00e9 Inspecteur des forces terrestres en Afrique du nord. Il re\u00e7oit sa cinqui\u00e8me \u00e9toile le 14 juillet, et quitte l\u2019Indochine le 19 juillet. Il est remplac\u00e9, comme Commandant sup\u00e9rieur des troupes d\u2019Indochine, par le g\u00e9n\u00e9ral Jean-Etienne Valluy, par d\u00e9cision du Gouvernement Provisoire de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise pr\u00e9sid\u00e9 par Georges Bidault (MRP), le ministre des Arm\u00e9es \u00e9tant Edmond Michelet (MRP). Le g\u00e9n\u00e9ral de brigade Valluy \u00e9tait arriv\u00e9 en Indochine en d\u00e9cembre 1945 avec la 9\u00b0 division d&rsquo;Infanterie Coloniale. Il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de division le 25 mars 1946. Apr\u00e8s sa nomination de juillet 1946, il d\u00e9clare : \u00ab\u00a0Il faut accepter loyalement les accords, \u00e9carter r\u00e9solument ceux qui sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 les saboter, colonialistes avou\u00e9s ou camoufl\u00e9s.\u00a0\u00bb (rapport\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Jean Marchand)<\/p>\n<p>Le <strong>17 septembre 1946<\/strong> :<br \/>Ho Chi Minh choisit de rentrer par bateau. Sur sa demande (pour ne pas arriver au Tonkin les mains vides), Ho Chi Minh signe avec Marius Moutet un modus vivendi. Ce document est transmis le 18 septembre au Conseil des Ministres qui l&rsquo;approuve, mais son texte n&rsquo;est pas publi\u00e9 par le gouvernement. Le minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res communique ce document \u00e0 M. Jefferson Caffery, ambassadeur des \u00c9tats-Unis en France, qui en fait l&rsquo;analyse suivante, dans son rapport du 17 septembre au Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em><strong>1) Droits d\u00e9mocratiques r\u00e9ciproques pour les \u00e9trangers, <\/strong><\/em><br \/><em><strong>2) Reconnaissance des droits de propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9ciproques. Restitution des biens fran\u00e7ais r\u00e9quisitionn\u00e9s ou saisis au Viet-Nam. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>3) Libre activit\u00e9 des \u00e9coles fran\u00e7aises au Viet-Nam. Restitution de l'Institut Pasteur. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>4) Priorit\u00e9 donn\u00e9e par le Viet-Nam \u00e0 la France dans la recherche de conseillers, techniciens et experts. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>5) Piastre, monnaie unique de l'Indochine, li\u00e9e au franc fran\u00e7ais, la Banque d'Indochine restant temporairement la banque d'\u00e9mission. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>6) Union douani\u00e8re et libre \u00e9change au sein de la F\u00e9d\u00e9ration indochinoise. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>7) Coordination des transports et des communications de tous types au sein de la F\u00e9d\u00e9ration indochinoise et de l'Union fran\u00e7aise. <\/strong><\/em><br \/><em><strong>8) En attendant un accord sur les relations diplomatiques vietnamiennes, une Commission mixte organisera la repr\u00e9sentation consulaire avec les \u00c9tats voisins.<\/strong><\/em><\/pre>\n<\/blockquote>\n<p>Mais nous connaissons le texte original de l&rsquo;article 9 concernant la Cochinchine. Voici ce texte :<\/p>\n<blockquote>\n<pre><em>a) Il sera mis fin de part et d'autre \u00e0 tous actes d'hostilit\u00e9 et de violence.<\/em><br \/><em>b) Des accords des \u00e9tats-majors fran\u00e7ais et vietnamiens r\u00e9gleront les conditions d'application et de contr\u00f4le des mesures d\u00e9cid\u00e9es en commun.<\/em><br \/><em>c) Il est pr\u00e9cis\u00e9 que les prisonniers actuellement d\u00e9tenus pour des motifs politiques seront lib\u00e9r\u00e9s \u00e0 l'exception de ceux poursuivis pour crimes et d\u00e9lits de droit commun. Il en sera de m\u00eame pour les prisonniers faits en cours d'op\u00e9rations. Le Vietnam garantit qu'aucune poursuite ne sera engag\u00e9e et qu'aucun acte de violence ne sera tol\u00e9r\u00e9, contre toute personne en raison de son attachement ou de sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la France. R\u00e9ciproquement, le Gouvernement fran\u00e7ais garantit que nulle poursuite ne sera engag\u00e9e et qu'aucun acte de violence ne sera tol\u00e9r\u00e9 envers toute personne en raison de son attachement au Vietnam.<\/em><br \/><em>d) La jouissance des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques d\u00e9finies \u00e0 l'article premier sera r\u00e9ciproquement garantie.<\/em><br \/><em>e) Il sera mis fin aux propagandes inamicales de part et d'autre.<\/em><br \/><em>f) Le Gouvernement fran\u00e7ais et le Gouvernement de la R\u00e9publique du Vietnam collaboreront pour la mise hors d'\u00e9tat de nuire des ressortissants des puissances ex-ennemies.<\/em><br \/><em>g) Une personnalit\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e par le Gouvernement de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Vietnam et agr\u00e9\u00e9e par le Gouvernement fran\u00e7ais sera accr\u00e9dit\u00e9e aupr\u00e8s du haut-commissaire pour \u00e9tablir la coop\u00e9ration indispensable en vue de l'ex\u00e9cution des pr\u00e9sents accords.<\/em><br \/><br \/>Sign\u00e9 : Ho Chi Minh, Marius Moutet<\/pre>\n<\/blockquote>\n<p>A la suite de cet accord, les hostilit\u00e9s cesseront en Cochinchine le 30 octobre 1946, tandis qu&rsquo;au Tonkin, cet accord sera appliqu\u00e9 avec de grandes difficult\u00e9s jusqu&rsquo;au 20 novembre 1946.<\/p>\n<p><strong>Septembre-octobre 1946<\/strong>\u00a0: <br \/>Ho Chi Minh fait le voyage de Toulon \u00e0 Ha\u00cfphong, du 19 septembre au 21 octobre 1946, sur l&rsquo;aviso <em>Dumont-d&rsquo;Urville<\/em>. Le commandant le trouve enjou\u00e9. Il taquine l&rsquo;aum\u00f4nier sur l&rsquo;existence de Dieu. Au cours du voyage, il rencontre l&rsquo;amiral Thierry d&rsquo;Argenlieu en baie de Cam-ranh. A son arriv\u00e9e \u00e0 Ha\u00efphong, il re\u00e7oit un accueil enthousiaste (un d\u00e9lire, dira un t\u00e9moin) et il fait chanter la Marseillaise par la foule. Mais il est critiqu\u00e9 par le bureau politique de son parti, y compris par ses lieutenants Vo Nguyen Giap et Pham Van Dong.<\/p>\n<p><strong>Novembre 1946<\/strong>\u00a0:<br \/>Les relations franco-vietnamiennes sont fortement mises \u00e0 mal par le bombardement injustifi\u00e9 de Ha\u00efphong :<\/p>\n<p>Le <strong>11 novembre 1946,<\/strong> Ho Chi Minh adresse au Pr\u00e9sident du Conseil Bidault une protestation contre la cr\u00e9ation unilat\u00e9rale \u00e0 Ha\u00efphong d&rsquo;un bureau fran\u00e7ais de douane.<\/p>\n<p>Le <strong>20 novembre 1946, <\/strong>lors du contr\u00f4le douanier d\u2019une jonque de contrebandiers transportant de l&rsquo;essence, des coups de feu sont \u00e9chang\u00e9s entre les troupes fran\u00e7aises et l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re vietnamienne. Pendant 48 heures, la ville est en \u00e9bullition, mais un accord est rapidement conclu entre le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur vietnamien Tran Dinh Nam et M. Lami, directeur des affaires politiques du Commissaire de la R\u00e9publique. entra\u00eenant le cessez-le-feu. L&rsquo;incident est donc clos.<\/p>\n<p>Le <strong>23 novembre 1946 :<br \/><\/strong>Le g\u00e9n\u00e9ral Valluy (assurant l\u2019int\u00e9rim du Haut-Commissaire Thierry d\u2019Argenlieu en d\u00e9placement \u00e0 Paris) passe outre \u00e0 l\u2019avis d\u00e9favorable du g\u00e9n\u00e9ral de division Louis Morli\u00e8re (Commissaire de la R\u00e9publique par int\u00e9rim au Tonkin) et, court-circuitant ce dernier, fait donner l\u2019artillerie de l\u2019Arm\u00e9e de Terre, puis quelques heures plus tard l\u2019artillerie navale. Ce bombardement aurait fait 6.000 morts.<br \/>Le journaliste Jean Lacouture \u00e9crira que cette extraordinaire initiative d&rsquo;un homme qui passait jusqu&rsquo;alors comme lib\u00e9ral a suscit\u00e9 bien des commentaires. Il rapporte que, quelques semaines plus t\u00f4t, \u00e0 Paris, le Pr\u00e9sident du Conseil Georges Bidault avait conseill\u00e9 \u00e0 Valluy de faire donner le canon au cas o\u00f9 le Vietminh se montrerait trop entreprenant.<br \/>La ville de Hano\u00ef est en effervescence : chacun se pr\u00e9pare \u00e0 un affrontement que l\u2019on sent imminent. Ho Chi Minh s&rsquo;accroche \u00e0 un espoir et attend impatiemment le retour \u00e0 Hano\u00ef de Sainteny. Celui-ci quitte Paris le 3 novembre 1946, mais il est retenu \u00e0 Sa\u00efgon pendant six jours et n&rsquo;arrive \u00e0 Hano\u00ef que le 2 d\u00e9cembre. Il voit Ho Chi Minh, malade, le lendemain.<br \/>Le 18 d\u00e9cembre 1946, la situation s&rsquo;est aggrav\u00e9e \u00e0 Hano\u00ef \u00e0 l&rsquo;initiative de Vo Nguyen Giap.<br \/>La r\u00e9volte de Hano\u00ef d\u00e9bute le <strong>19 d\u00e9cembre 1946 \u00e0 20h04<\/strong> par l&rsquo;explosion de la centrale \u00e9lectrique. Sainteny, circulant dans une automitrailleuse, est bless\u00e9 quand celle-ci saute sur une mine. Apr\u00e8s un appel solennel \u00e0 la r\u00e9sistance, Ho Chi Minh et Vo Nguyen Giap s&rsquo;\u00e9chappent vers les rizi\u00e8res de la Haute R\u00e9gion. Avant son retour en France, Sainteny re\u00e7oit le 24 janvier 1947 une lettre amicale d&rsquo;Ho Chi Minh esp\u00e9rant la reprise des n\u00e9gociations.<br \/>La r\u00e9volte d&rsquo;Hano\u00ef marque la d\u00e9nonciation de facto de l&rsquo;accord du 6 mars 1946 et le d\u00e9but de la guerre g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>En Cochinchine, la situation s\u2019est \u00e9galement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e\u00a0: un grand nombre de notables annamites jug\u00e9s \u00ab\u00a0collaborateurs\u00a0\u00bb sont massacr\u00e9s par les nationalistes. Le pr\u00e9sident Nguyen Van Tinh se suicide le 10 novembre. Nguyen Van Xu\u00e2n, polytechnicien et g\u00e9n\u00e9ral de brigade dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, lui succ\u00e8de jusqu\u2019au 7 d\u00e9cembre o\u00f9 il est remplac\u00e9 par le caoda\u00efste L\u00ea Van Hoach.<br \/><i>Le caoda\u00efsme est \u00e0 la fois une religion syncr\u00e9tique et un mouvement politique, parfois m\u00eame une principaut\u00e9 autonome avec sa propre arm\u00e9e. Il en est de m\u00eame pour la secte des Hoa-Hao qui se fait remarquer par sa cruaut\u00e9. Ces deux sectes, oppos\u00e9es au PCI puis au Vietminh, sont, \u00e0 plusieurs reprises, les alli\u00e9es temporaires des arm\u00e9es fran\u00e7aises.<br \/><\/i><br \/>Le <strong>28 novembre 1946 :<br \/><\/strong>Le gouvernement Bidault, qui soutenait sans r\u00e9serve le g\u00e9n\u00e9ral Valluy d\u00e9missionne et, le <strong>12 d\u00e9cembre<\/strong>, L\u00e9on Blum est nomm\u00e9 Pr\u00e9sident du Conseil.<br \/>Deux jours plus t\u00f4t, dans un article du journal <em>Le Populaire<\/em>, L\u00e9on Blum avait pr\u00f4n\u00e9 un accord sinc\u00e8re avec le Vietnam, sur la base de l\u2019ind\u00e9pendance. Il est charg\u00e9 de constituer un gouvernement socialiste homog\u00e8ne, donc sans MRP, ni communistes.<\/p>\n<p>Le <strong>15 d\u00e9cembre 1946 :<\/strong><br \/>Ho Chi Minh envoie \u00e0 L\u00e9on Blum un long t\u00e9l\u00e9gramme de f\u00e9licitations o\u00f9 il affirme \u00ab\u00a0son d\u00e9sir sinc\u00e8re de coop\u00e9ration fraternelle avec le peuple de France\u00a0\u00bb. Mais ce message, qui doit \u00eatre relay\u00e9 par Sa\u00efgon, est retard\u00e9 et n&rsquo;arrivera que le 26 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Le <strong>20 d\u00e9cembre 1946 :<br \/><\/strong>Le g\u00e9n\u00e9ral Juin ordonne au g\u00e9n\u00e9ral Valluy \u00ab d&rsquo;arriver \u00e0 une suspension d&rsquo;armes sans compromettre la situation des troupes et des ressortissants fran\u00e7ais. \u00bb<\/p>\n<p>Le <strong>25 d\u00e9cembre 1946 :<br \/><\/strong>L\u00e9on Blum envoie Marius Moutet, toujours ministre de la France d\u2019Outre-Mer, et le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc rechercher les moyens d\u2019appliquer les accords d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9s. Marius Moutet constate l\u2019impasse politique, tandis que le g\u00e9n\u00e9ral Leclerc conclut :<br \/>\u00ab Les op\u00e9rations militaires ne constituent pas une fin en elles-m\u00eames. Le probl\u00e8me militaire ne peut-\u00eatre isol\u00e9 ou con\u00e7u s\u00e9par\u00e9ment du plan politique \u2026 L\u2019anticommunisme sera un levier sans appui aussi longtemps que le probl\u00e8me national n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu. \u00bb<br \/>Il constate que, depuis qu&rsquo;il n&rsquo;est plus \u00e0 leur t\u00eate, les chefs militaires (le colonel Massu, les g\u00e9n\u00e9raux Salan et Valluy) n&rsquo;ont pas suivi sa politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"JUSTIFY\">Le <strong>12 janvier 1947 :<\/strong><br \/>L\u00e9on Blum propose \u00e0 Leclerc de remplacer Valluy et ult\u00e9rieurement de remplacer Thierry d&rsquo;Argenlieu. Leclerc refuse, car il n&rsquo;accepte plus d&rsquo;\u00eatre le subordonn\u00e9 de l&rsquo;amiral.<\/p>\n<p>Le <strong>16 janvier 1947 :<\/strong><br \/>L&rsquo;\u00e9lection du premier pr\u00e9sident de la 4\u00b0 R\u00e9publique, M. Vincent Auriol, met fin au gouvernement transitoire de L\u00e9on Blum. Les espoirs que ce changement politique avait fait na\u00eetre sont vite effac\u00e9s par l&rsquo;annonce du retour de l&rsquo;amiral Thierry d&rsquo;Argenlieu au Vietnam.<\/p>\n<p>Le <strong>23 janvier 1947 :<br \/><\/strong>Paul Ramadier est nomm\u00e9 Pr\u00e9sident du Conseil.<br \/>En France, l&rsquo;opinion publique et la classe politique prennent enfin conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver une solution politique et tous les partis, du PCF au MRP, pensent au g\u00e9n\u00e9ral Leclerc pour mener \u00e0 bien cette t\u00e2che.<br \/>Au cours d&rsquo;une r\u00e9ception \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, Maurice Thorez, premier secr\u00e9taire du Parti Communiste, aborde Leclerc en lui disant : \u00ab Il faut que vous alliez en Indochine, mon g\u00e9n\u00e9ral, vous \u00eates le seul qui pourra nous tirer de ce merdier.<em> \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le <strong>26 janvier 1947 :<br \/><\/strong>Ho Chi Minh d\u00e9clare \u00e0 la radio que le peuple du Vietnam d\u00e9sire la paix, une collaboration amicale avec la France, son ind\u00e9pendance et son unit\u00e9 territoriale au sein de l\u2019Union Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le <strong>27 janvier 1947 :<br \/><\/strong>Paul Ramadier propose \u00e0 Leclerc de succ\u00e9der \u00e0 Thierry d&rsquo;Argenlieu. Le pr\u00e9sident Vincent Auriol appuie cette proposition. Leclerc ne refuse pas, mais \u00e9met des conditions que Ramadier se d\u00e9clare incapable d&rsquo;accepter sans l&rsquo;accord du Parlement. Ramadier envisage de r\u00e9unir des commissions pour \u00e9tudier ces conditions.<br \/>Leclerc h\u00e9site et va voir De Gaulle \u00e0 Colombey qui lui dit : <br \/>\u00ab N&rsquo;acceptez pas. On se servira de vous. On vous fera endosser la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;abandon de l&rsquo;Indochine. \u00bb<br \/>Puis s&rsquo;engage une discussion tr\u00e8s vive sur la politique fran\u00e7aise en Syrie en 1945. En conclusion, De Gaulle confirme son conseil de refuser. Leclerc \u00e9crit \u00e0 Ramadier pour lui signifier avec regret son refus d\u00e9finitif.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Alphonse Juin se r\u00e9cuse \u00e9galement.<\/p>\n<p>Le <strong>5 mars 1947<\/strong>\u00a0: <br \/>\u00c9mile Bollaert est nomm\u00e9 Haut-Commissaire de France en Indochine par le gouvernement Ramadier.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><small><em>(mis \u00e0 jour en avril 2024)<\/em><\/small><br \/><small><em><a href=\"\/emile-bollaert\/chapitre-9-tentatives-de-paix-au-vietnam\">-&gt; Chapitre 9 : Tentatives de paix au Vietnam<\/a><\/em><\/small><\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9mile Bollaert est nomm\u00e9 Haut-Commissaire de France (gouverneur g\u00e9n\u00e9ral) en Indochine le 5 mars 1947.Pour comprendre son action, il est n\u00e9cessaire de rappeler les \u00e9v\u00e8nements qui se sont produits en Indochine de septembre 1939 \u00e0 mars 1947. En 1939, l&rsquo;Indochine, ou Union Indochinoise, \u00e9tait une f\u00e9d\u00e9ration de cinq \u00e9tats\u00a0: le royaume du Cambodge, protectorat fran\u00e7ais. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/chapitre-8-l-indochine-en-mars-1947\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Chapitre 8 :  L&rsquo;Indochine en 1947<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-32","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32"}],"version-history":[{"count":233,"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1580,"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32\/revisions\/1580"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.gbollaert.eu\/emile-bollaert\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}